Les exacerbations chez les patients atteints de broncho-pneumopathies chroniques obstructives (BPCO) (3,5 millions de personnes en France) suivent un rythme saisonnier. Les conditions environnementales (pollution, phénomènes météorologiques) ont montré avoir un rôle important dans leur incidence. L’impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine de fond sur le long terme est beaucoup plus important en termes de santé publique que l’impact à court terme d’épisodes aigus, et il n’y a pas de seuil protecteur en deçà duquel aucun impact sanitaire ne serait observé . Les Micro Particules sont parmi les polluants les plus associés à une augmentation de la mortalité et des hospitalisations pour causes respiratoires. Depuis une vingtaine d’années des associations régionales de mesure de la qualité de l’air (AASQA) assurent la surveillance des pollutions atmosphériques. Elles ont pu développer un modèle prédictif permettant d’alerter avec anticipation la population et en particulier les personnes les plus fragiles.

L’OMS a chiffré les seuils de pollution pour lesquels les bénéfices sanitaires étaient les meilleurs. Pour réduire l’exposition à la pollution atmosphérique, les recommandations de santé  soutiennent que les personnes vulnérables, doivent savoir reconnaître les différents facteurs qui peuvent moduler leur exposition à la pollution de l’air (le moment, les lieux fréquentés, l’intensité des activités pratiquées).

Plusieurs études (4,5) ont montré l’intérêt de messages d’alerte ciblés automatiques lors de variations environnementales sur de brèves périodes, montrant une tendance de 20% de réduction des symptômes respiratoires notamment.

Les procédures d’information et d’alerte (seuil de 8 ATMO) sont mises en places par les préfectures sur la base des informations transmises par les AASQA de manière collective non spécifique. Nous posons l’hypothèse qu’une information anticipée de dépassement du seuil 6 ATMO, accompagnée de recommandations sur le comportement seraient bénéfiques sur la santé des personnes atteintes de BPCO, le système de soins et la société en permettant de réduire le nombre d’exacerbations des symptômes respiratoires, d’améliorer la qualité de vie des patients.

Hypothèse testée et objectifs de l’étude

Ce projet vise à intégrer dans une réflexion globale plusieurs éléments actuellement isolés :

  • l’information locale sur la qualité de l’air,
  • le repérage des personnes les plus sensibles et plus compétentes
  • les précautions et recommandations nationales de prise en charge de la BPCO.

L’intervention proposée dans cette étude renforcerait les compétences d’auto­soins acquises au cours du programme d’éducation thérapeutique de la réhabilitation respiratoire. La combinaison de ces modèles avec un vecteur de communication s’inscrivant dans le champ de la m­santé est susceptible d’améliorer les conséquences sanitaires de la pollution atmosphérique sur ces patients. Le suivi sur une année permet d’appréhender l‘effet cumulatif de la pollution de fond.

Ce projet propose également d’intégrer une analyse de l’impact des externalités négatives sur l’état de santé de la population exposée en réalisant une étude coût bénéfice (fréquent dans les études environnementales mais peu en santé) à partir de l’évaluation du bien-être subjectif des personnes.

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