L’EXEMPLE DU CHU DE TOURS
Un pionnier dans la mise en oeuvre de passerelles pour le suivi des patients asthmatiques dans le cadre d’un projet d’EDUCATION THÉRAPEUTIQUE

Entretien avec le Docteur Jean-Philippe Maffre
Pneumologue libéral à Tours, Vice-Président de l’Espace du Souffle, Président de la  Fondation du Souffle Val de Loire.

S’il est un exemple concret de bonne pratique dans la prise en charge d’un patient asthmatique aux Urgences et de son suivi en consultation spécialisée, via l’éducation thérapeutique, c’est bien celui du CHU de Tours et du lien avéré qui s’est créé avec l’école de l’asthme, elle-même intégrée à l’espace du souffle.
Jean-Philippe Maffre fait figure de pionnier dans la profession. Un succès qu’il partage avec son homologue du service des Urgences, Véronique Derogis, sans laquelle explique-t-il, « rien ne serait possible » !

Ici, on applique depuis longtemps les principes dictés par le projet Erasme : Entretien très élaboré de 1 heure avec un patient, avant sa sortie des Urgences via un questionnaire ad hoc et compréhension de la problématique personnelle du patient. « Un élément essentiel pour l’efficacité du traitement », explique le pneumologue. A l’issue de cet échange, le patient est suivi, orienté vers l’école de l’asthme où il bénéficiera de plusieurs séances d’éducation thérapeutique, associant différentes disciplines: kiné, psy, diététiciens … L’enjeu, c’est de permettre u patient de devenir autonome et de se responsabiliser. « // ne doit pas rester passif mais bien être acteur de sa maladie. Cela suppose une évolution des mentalités ! ».

Les raisons de ce succès.

Rien n’arrive par hasard et si ce lien entre les services d’Urgences et de pneumologie existe, il est dû à un investissement majeur de ses acteurs. Pour convaincre les malades de suivre un parcours personnalisé, il faut les appeler! La directrice de l’école de l’asthme consacre une partie de son temps à effectuer un suivi téléphonique pour s’assurer de leur implication.

Ensuite, « les soignants sont là pour soigner» ! Pour Jean-Philippe Maffre, « on est loin des solutions impersonnelles de J’ordonnance remise sans explications ou de l’appli smartphone et de ses algorithmes ».

Enfin, l’ensemble des professionnels de santé sont mobilisés. Deux fois par an, médecins et infirmières font leur retour d’expérience. Confortées dans leur démarche, ces dernières sont devenues des expertes reconnues dans l’accompagnement des malades asthmatiques.

Cet investissement global se traduit par une augmentation de la fréquentation de l’école de l’asthme, qui enregistre une croissance à 2 chiffres. Les 2/3 des patients de l’école de l’asthme sortent des Urgences, ce qui n’était pas le cas auparavant ou nombre de personnes venant dans les locaux n’étaient pas celles qui étaient
directement concernées. « Nous avons même réussi à sensibiliser les populations difficiles, les plus défavorisées, qui ont généralement le plus besoin de soins ».

Les limites de l’exercice

Elles sont de deux ordres : économiques, d’une part : li est évident que tout ce dispositif a un coût et que l’équilibre budgétaire est loin d’être trouvé. li faut par ailleurs travailler au changement des mentalités dans la prise en charge de la maladie. Le patient ne doit plus la subir mais bien en être acteur ! La route est encore
longue!

CategoryAsthme

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